28.08.2007

NBA: MVP 2005-2006


Tandis que les playoffs débutent, et transcendent le microcosme NBA, tous les observateurs avertis attendent avec une impatience grandissante que soit nommé le meilleur joueur de la saison écoulée, celui qui a enflammé les foules, qui a porté son équipe vers le succès, et qui inscrira son nom au prestigieux palmarès des basketteurs les plus dominants de la ligue, au sein duquel figurent Jabbar, Garnett, ainsi que Jordan, Duncan, Malone, Barkley, Magic…

La saison passée, le titre suprême de MVP (Most Valuable Player pour les anglophobes) avait été glané par le canadien et néo-mannequin Steve Nash, récompensé pour son impact dans l’effectif des Suns, auteurs d’une remarquable saison. Force est de constater que, malgré la blessure de Soudemire , les Suns n’ont guère faibli, se classant 2ème à l’Est à l’issue de la saison régulière. Le meneur canadien a endossé davantage de responsabilités en attaque, et si sa moyenne de points a grimpé (18,8 points/match), sa réussite au tir n’en a pas fait les frais, puisque le magicien des Suns  tourne autour des 50% à mi-distance, et 44% à 3-points…Nash, encore une fois meilleur passeur du championnat (10.5/match) se pose donc en candidat indiscutable à sa propre succession, et, malgré le fait qu’il soit canadien, et pas uniquement responsable de la bonne tenue des Suns (Diaw a pris une place plus que prépondérante dans la rotation), présente toute les caractéristiques du MVP de base, leader statistique, charismatique, et emblématique de son équipe, avec une gueule d’amour et le sourire caractéristique du champion, de la trempe de ceux qui, le matin, mélangent sans états d’âme le nutella au café au lait…

Son premier rival, dont le seul prénom évoque les séismes qu’il est à même de provoquer dans les défenses adverses,  est parvenu cette année a tirer vers le haut une équipe des Lakers pourtant moribonde en début de saison, et que l’on attendait certainement pas en playoffs à l’issue de la saison régulière…Rarement irréprochable, très souvent décisif, Kobe Bryant, puisque c’est de lui qu’il s’agit (tu l’auras deviné, sympathique lecteur), a réalisé la meilleure saison de sa carrière depuis son arrivée dans la ligue (en 1996), avec des statistiques dignes de Chamberlain (35 points par match, avec une pointe à 81) pour une réussite malgré tout correcte (45%). Avec le retour aux affaires de Phil Jackson, et l’immense talent de son arrière vedette, la franchise de Los Angeles a su se faire une place au soleil, puisqu’elle termine 7ème de la conférence Ouest, pourtant très relevée. N’en déplaise à ses détracteurs, « Mr 81 points » est bien le principal responsable de cette performance, car même si Jackson a partiellement réussi à potentialiser les talentueux Kwame Brown et Brian Cook (le cuistot aux mains d’or, dixit George), leur impact dans les systèmes de jeu du « Zen Master » reste indéniablement très réduit. Odom, deuxième arme offensive des angelinos, semble monter en puissance à l’approche des playoffs, de bonne augure pour la suite, puisque les Lakers affronterons les redoutables Suns au premier tour. Même si les californiens ne taquinent pas les sommets de la conférence Ouest, il apparaît logique, étant donné ses performances exceptionnelles et son rôle de leader au sein de l’effectif de Jackson, que Kobe soit un prétendant plus que crédible au titre de MVP de la saison écoulée…Si le « franchise-player » des Lakers apparaît en ce moment au sommet de sa forme, il devra néanmoins compter avec un autre joueur talentueux, en progression constante depuis son arrivée dans la ligue, et qui détient aujourd’hui les rênes de l’attaque de la deuxième meilleure équipe de l’Ouest (du point de vue statistique), à savoir le teuton Dirk Nowitzki.

Anciennement coéquipier de Nash, parti bronzer dans l’Arizona, l’allemand (26 points, 9 rebonds) s’est constitué seul leader des Mavs depuis le départ du canadien et de Finley, nouveau pensionnaire du AT&T Center, et force est de constater que ce rôle lui va à merveille. Vraisemblablement le « seven-footer » le plus adroit de la ligue, Nowitzki est, en plus d’un rebondeur correct, une véritable gâchette, à mi-distance comme à trois-points (il a d’ailleurs remporté le concours de shoot du ASW), capable de série ahurissantes dans le money-time. Sous la férule d’Avery Jonhson (en course pour le titre de « coach of the year »), Nowitzki a pris une autre dimension, et se pose donc logiquement en candidat pour le titre suprême de meilleur joueur de l’année.

Autre concurrent au titre de MVP, Lebron James (31 points, 7 rebonds, 6 passes, 1,5 interceptions) n’a pas raté son entrée en matière en playoffs, les premiers de sa jeune carrière. Hyper athlétique, adroit quand il le faut, l’arrière/aillier/meneur des Cavs a littéralement porté son équipe vers les playoffs, affichant des statistiques  ahurissante pour un gamin qui traînait il y a trois ans dans les supermarchés avec ses potes. Malgré sa jeunesse, James fait partie des sérieux clients à l’Est, et peut espérer, si ses coéquipiers se mettent au diapason, un joli parcours en playoffs, même si les mastodontes Miami et Detroit risquent de lui barrer l’accès aux finales.

Dernier candidat au titre suprême, le Piston Chauncey Billups (l’homme à la mine chafouine, m’a t’on appris récemment) fait figure de sérieux outsider dans la course au sacre. Le meneur de Detroit effectue en effet sa meilleure saison (18,5 points, 8.5 passes) depuis son arrivée en NBA, en 1997, et s’est constitué fer de lance d’une attaque libérée par Flip Saunders, et qui a fait des ravages sur les parquets cette saison, les Pistons terminant la saison régulière avec le meilleur bilan de la ligue (64v/18d). Le bonhomme, en plus de maîtriser joliment le chinois (voir ses bras), joue parfaitement juste, en attaque comme en défense, et symbolise l’esprit de groupe et la cohésion qui émane de cette équipe de Detroit, déterminée à reconquérir le titre perdu l’année dernière contre les Spurs…

Si l’on se base sur le talent pur et les statistiques, il est évident que Bryant apparaît grandissime favoris au titre de MVP. Toutefois, les Lakers sont loin d’effectuer une brillante saison, et des joueurs comme Nash, Nowitzki ou Billups, moins régulièrement abonnés aux « traditionnels et tant attendus top ten de la semaine » mais qui réalisent une remarquable saison dans leurs clubs respectifs, pourrait bien glaner l’honneur suprême. Quant à James, sa jeunesse lui coûtera certainement le titre cette saison, mais il apparaît certain que le leader des Cavs l’obtiendra dans quelques années…

Un mot sur les absents…Allen Iverson, malgré un rendement offensif de premier ordre, ne peut espérer glaner le deuxième titre de MVP de sa carrière, étant donné les performances des Sixers, grillés par Chicago dans la dernière ligne droite de la course aux playoffs…Dwyane Wade devra, lui, s’imposer définitivement dans la ligue, ce qu’il ne manquera pas de faire lorsque O’Neal passera plus de temps à l’infirmerie que sur les parquets, l’âge ne faisant, en basket comme ailleurs, rien à l’affaire….Tim Duncan, soulagé par les apports offensifs de Parker et Ginobili (quand il n’est pas sur le flanc), a réalisé une saison honorable, mes ses statistiques et son impact offensif ne lui permettent pas d’envisager un 3ème titre de MVP, qui viendrait garnir une étagère de trophées déjà bien remplie…Kevin Garnett, quant à lui, a réalisé une saison exécrable avec les Timbervolwes…Eliminé de la course au playoffs depuis bien longtemps, le « gros ticket » est apparu bien trop seul pour espérer inquiéter davantage les cadors de la conférence Ouest que sont San Antonio, Dallas, ou Phoenix.

Bryant, Billups, Nash, Nowitzki ou encore Lebron James ?? Le choix du Systar se portera vers un homme, un seul, celui qui a su garder la tête froide dans les moments chauds, celui qui a un cœur gros comme ça (gestuelle habituelle), le sourire jusqu’aux oreilles, qui est toujours prêt à rendre service à l’équipe (Waterboy), j’ai nommé…Ronny Turiaf ! Un retour aux affaires aussi rapide après une lourde opération, une présence sur le banc indéniable et une telle joie de vivre sont largement dignes d'être récompensés!

Buddy 

All Star Week-end: It's Showtime, Baby!

En plus des deux cinq majeurs annoncés il y a une semaine, le banc des remplaçants pour le All-Star game est désormais dévoilé, avec en point d’orgue la sélection de Tony Parker parmi les tous meilleurs arrières (guard) de la ligue. Auteur d’une première moitié de saison à 200 à l’heure, soignant ses statistiques et travaillant son agressivité sur le terrain, Tony ne peut que mériter cette première sélection tant attendue d’un tricolore au match des étoiles. Doublure de Steeve Nash sur le parquet du Toyota center de Houston, Parker va donc connaître l’un des plus grands shows à l’Américaine, dans la nuit du 19 février…Nouveau statut, nouvelle promotion pour le meneur de San Antonio, fraîchement élu meilleur joueur de la semaine, et qui n’en finit plus de ravir les fans texans. TP est réellement un meneur, véritable métronome de l’attaque des Spurs, organisateur à bon escient d’un jeu avant tout basé sur le collectif et l’attaque placée, attaque régulièrement perturbée par les coups de génie du feu follet Ginobili, lorsqu’il ne campe pas à l’infirmerie. Le gaucho paye justement cette fragilité physique par son absence au All-Star game, mais laisse une place en or à Parker, qui ne pouvait sérieusement être inquiété par Bibby, pourtant en jambe ces dernières semaines, mais totalement perdu dans les profondeurs du classement avec les Kings, et par Baron Davis qui, malgré un jeu « flashy » et des statistiques correctes, est beaucoup moins populaire que le frenchy dans le cœur des américains. Quant au rookie Chris Paul, véritable rayon de soleil des Hornets, il lui manque certainement quelques gallons pour espérer une place dans le roster de l’Ouest. Tony sera bien entouré, puisque Nowitzki, Allen, Garnett, Marion, Gasol et Brand ont également été appelés à compléter l’effectif coaché par Avery Johnson. On remarquera avec un certain plaisir la première sélection en carrières des deux intérieurs Gasol et Brand,  pièces maîtresses des rosters de Memphis et des Clippers, qui , à défaut d’être spectaculaires, sont remarquables d’efficacité sous les panneaux…

On peut tout de même s’interroger sur la capacité de Tony Parker à briller dans ce genre de matchs, totalement voués à l’attaque et au jeu spectaculaire, où les alley-oop sont de rigueurs, où les artilleurs rivalisent d’adresse, et où les dunkeurs s’éclatent sous les yeux émerveillés de millions d’Américains. (Et de quelques Français, si si…) Le problème avec TP, c’est que son shoot n’est pas d’une efficacité à toute épreuve, encore moins à longue distance, et que les nombreuses pénétrations qu’il effectue au cours des matchs, qui demandent un bagage technique conséquent, ne sont pas pour autant à même d'enthousiasmer l'exigent public du Toyota Center. On lui souhaite tout de même de participer au show-time texan, de délivrer les caviars dont il a le secret, et de planter quelques tirs drop au nez et a la barbe de big shaq daddy!

A l’Est, le banc des remplaçants est trusté par l’armada de Detroit, puisqu’en plus de Carter, de Bosh de Pierce et d’Arenas qui remplace l’éternel estropié Jermaine O’Neal, Billups, Hamilton et les deux Wallace seront eux aussi de la fête. De quoi rendre nettement moins affriolant le jeu des troupes de Flip Saunders, mais autrement plus efficace défensivement. On espère juste que Big Ben sortira l’afro pour l’occasion, et pourquoi pas les lunettes assorties à la tunique de l’Est…      

Autre événement important de ce All-Star week-end, le concours de shoots à trois points, qui verra s’affronter Quentin Richardson, complètement à l’ouest avec New-York, c’est un comble, depuis le début de la saison, Chauncey Billups, Dirk Nowitzki et Jason Terrry de Dallas, Raja Bell des Suns, et Ray Allen, la gâchette des Sonics partant favori pour la reconquête du titre qu'il a glané en 2001.

Un mot sur le concours de dunk, où Josh Smith défendra son titre contre le Grizzli Hakim Warrick aux bras tentaculaires (surnommé l’hélicoptère à Syracuse…), Andre Iguodala des Sixers et le minuscule Nate Robinson (1m75), évoluant aux Knick de New York, et qui pourrait bien nous refaire le coup de Spud Webb, sacré en 1986…

Hop, quelques petits pronostics pour la route :

-         All-Star Game : Victoire de l’Ouest, Kobe MVP

-         Three-point shootout : Ray Allen 

-         Rising Stars Slam Dunk : Nate Robinson  

Buddy Holy