28.08.2007

Déluge de points et Madison...

Le déluge de points souhaité ces dernières années par les instances dirigeantes de la NBA est désormais une réalité qui tend à s’ancrer dans les mœurs des basketteurs. On constate une effloraison et un maintien du nombre de scores à plus de cent points en NBA. Plusieurs causes sont à mettre en avant: tout d’abord, la valeur intrinsèque des leaders offensifs de certaines équipes.

Citons pour commencer LeBron James, même s’il s’est fait récemment siffler à Cleveland pour avoir manqué 8 shoots d’affilée devant son public ( la région de Cleveland est qualifiée par le reste du pays, nous précise aimablement BasketNews cette semaine, de « dessous de bras de l’Amérique »…), ô sacrilège devant des fans qui pourtant s’abonnaient jadis pour aller voir 30 branlées annuelles à domicile, et pour voir Ricky Davis ou Dajuan Wagner ne pas devenir les « nouveaux Iverson »… LeBron est toujours, à… 21 ans (il est de fin décembre 1984!), l’un des joueurs les plus dominateurs à leur poste et à leur âge de l’histoire. Au même âge, aime-t-on souvent rappeler, Kobe et Jordan dunkaient sur la tête de tous les pivots du pays, mais ils se paraient aussi assez souvent du merveilleux costume de Roger Parpaingot… (Roger Parpaingot est une allégorie systarique du mauvais shooteur, celui qui fait des « briques », c’est-à-dire des tirs où le ballon ne touche même pas l’arceau, mais seulement la planche).

N’épiloguons pas indéfiniment sur Kobe Bryant et Allen Iverson, qui pratiquent tous deux, individuellement, le meilleur basket de leur carrière sans doute, preuve d’ailleurs s’il en est qu’une équipe qui domine ne peut jamais être l’équipe d’un seul homme, si doué soit celui-ci…

L’émergence de joueurs parfois moins médiatiques mais tout aussi doués, comme Gilbert Arenas, ou Jason Richardson par moments à Golden State, les retours épisodiques sur le devant de la scène statistique de certains powers moins en vue (Garnett, 37 points cette nuit), achèvent d’expliquer les origines individuelles de l’inflation des scores.

Quant aux origines institutionnelles, elles ont consisté à siffler systématiquement les fautes commises sur les arrière (postes 1 de meneur de jeu et 2 d’arrière-shooteur, où jouent la plupart de nos gros scoreurs cités plus haut) et à envoyer ceux-ci se venger sur la ligne des lancers-francs.

Dernier faisceau, enfin, de causes qui ont permis l’éclosion et l’épanouissement d’un basket d’attaque: la réussite de quelques équipes pratiquant à outrance le run-and-gun (shoots pris en première intention, sans faire beaucoup de passes), le jeu de transition (défense féroce et contre-attaque éclair) et le jeu aérien (alley-oops à répétition). Seattle l’an dernier, Phenix depuis deux ans montrent que ce style de jeu, à mi-chemin entre le champagne et le hourra basket (selon la qualité d’exécution de cette alléchante philosophie du basket par les joueurs eux-mêmes…) peut permettre d’asseoir une domination bien réelle, soir après soir, sur le meilleur championnat national de basket au monde. C’est que le jeu lui-même, et pas seulement le jeu rapide, progressent encore parfois, notamment grâce à l’arrivée des diamants d’Europe, dont les spécialistes américains du basket s’accordent à décrire l’impact comme majeur. Nowitzki, Stojakovic, Parker, Ginobili, Pau Gasol, Mehmet Okur, Kirilenko (en photo à droite) se sont tous imposés comme des joueurs incontournables et capables de donner une touche d’intelligence, de génie ou de détermination qui leur est propre et qu’ils ont acquise en Europe, lors de leur formation.Peu d’équipes défendent vraiment bien, il faut le dire aussi. J’en veux pour preuve cet invraisemblable match que je regardais cette nuit, entre Miami, un de mes coups de cœur, et New York, un de mes fous rires. Miami a bénéficié cette nuit de 8 contres d’Alonzo Mourning en 25 minutes de jeu. Autrement dit: Mourning a privé New York de seize points dans la raquette. Malgré cela, Miami n’a pas réussi à tenir New York et son armée de viseurs en carafe à moins de cent points. On invoquera la vitesse d’exécution en attaque de Miami, adroit à trois points ou adepte du alley-pop (Haslem et Wade ont fait chacun le leur, hier), mais aussi ces fautes hâtivement sifflées sur les joueurs extérieurs et qui ont permis à Wade d’aller shooter une quinzaine de lancers-francs. Certes. Mais ça défend quand même parfois très doucement…

Je vais maintenant me permettre de prolonger le plaisir que tout le monde avait pris en lisant l’article de Buddy sur le naufrage du (tita)Knicks. L’arrivée de Steve Francis n’y fera rien: cette équipe joue pour perdre ses fans, soir après soir. Parfois, Larry Brown sort du banc Nate Robinson (déjà aperçu maintes fois sur ce blog pour ses performances au dunk lors du All Star Week-end, voir à gauche), sa bonne bouille et ses gros mollets pour rendre l’équipe plus attrayante, mais à part l’exquis Nate, on s’ennuie ferme. Un New Yorkais sain d’esprit doit désormais avoir un budget bien plus important à consacrer à Starbucks qu’à Starbury (celui-ci est bien gratiné, qui s’est fait tatoué de petites étoiles dans le cou…), et s’il aime vraiment le basket, pensera toujours plus à Palmer qu’à Jamal quand on lui dira « Crawford »… Eddie Curry a bien neutralisé le Shaq, hier, ce qui n’est pas rien, et a même compilé quelques points sur des gestes techniques de grande classe (comprendre: des dunks sauvages quand ce n’était pas Mourning qui défendait sur lui).

En face: mille louanges à dispenser pour Antoine Walker (à gauche), époustouflant de sobriété et de justesse dans le jeu sans ballon, pour Alonzo Mourning (à droite), qui reste un des plus beaux défenseurs de la ligue, avec 8 contres démentiels sur les énervés du Madison Square Garden, pour Jason Williams qui retrouve peu à peu son adresse à trois points, et bien sûr pour Flash, Dwyane Wade, qui a, une fois encore, sorti le grand jeu dans ses beaux collants noirs. La coupe de cheveux très Michael Douglas (époque Basic Instinct 1) de Pat Riley venait apporter à la fête une petite touche de charme surané qui m’a permis d’aller me coucher vers 4 heures, pleinement satisfait par le score et le spectacle proposé…

All Star Week-end 2006: Bilan

ALL-STAR GAME

 

Après le Rookie Game du vendredi soir se déroulait à Houston le 55ème All-Star Game de l'histoire de la NBA, match de gala qui voyait s'affronter les meilleurs joueurs de chaque conférence, élus par un vote du public pour les titulaires, désignés par l'ensemble des coachs pour les remplaçants. On pouvait croiser dans les travées du Toyota Center le gratin du star system, des rappeurs aux légendes NBA, en passant par les milliardaires californiens…Jay-Z (qui sa Beyonce où) balance un Big-Up à Nelly, qui s’excite sous les yeux du vénérable Bill Russel, assis avec son épouse au premier rang…Le trublion Marc Cuban, propiétaire des Mavs, s’improvise commentateur pour la télévision américaine, alors que l’éternelle casquette de George Eddy balance ses inénarrables calembours au côté de Bruno Poulain et de Boris Diaw, consultant de luxe pour l’occasion…TP et Duncan s’échauffent dans une ambiance de franche rigolade, Shaq et Kobe s’entendent comme larrons en foire, et même Avery Johnson, le ténébreux coach de l’Ouest, à le sourire aux lèvres. Après une (trop) longue introduction marquée par une entrée « à l’américaine » des deux effectifs sur le parquet, qui a vu l’hymne américain susurré puis hurlé par les Destiny’s Child, et la bannière étoilée monter lentement au plafond du Toyota Center, les belligérants sont enfin prêts à en découdre.

 
Suite à l’accolade entre Iverson et le nombril de Yao Ming, le show débute par une belle lutte entre les deux artificiers Tracy Mac Grady (Houston) et Lebron James (Cleveland), le local se montrant très en verve lors du premier quart temps. Comme lors de chaque all star game, le problème se résume à trouver le bon compromis entre attaque spectaculaire et cohérence dans le jeu. Et c’est l’Ouest qui, malgré un premier quart-temps équilibré (28-28), réalise le mieux cette difficile osmose et prend le dessus lors de la première mi-temps (70-53), notamment grâce à un très bon deuxième passage de Tony Parker qui inscrit ses 8 points en 1’25’’ avec deux « and-one » sur des lay-ups d’école, et à un T-Mac toujours survolté à longue distance, Yao Ming se montrant, comme à son habitude dans ce genre de match, particulièrement discret. Les deux premiers actes sont également marqués par de spectaculaires ratés, notamment un alley-oop d’AI dans les tribunes, un dunk monstrueux de Carter sur le cercle, qui renvoie la gonfle jusque dans la raquette adverse, une bouffonnerie de Shaq qui tente également un alley-oop pour « himself » sur un lancer-franc, et quelques air-ball bien sentis de Nowitzki et Bryant, ce dernier jouant la carte de l’altruisme, une fois n’est pas coutume, distribuant 8 caviars en 26 minutes de jeu.
 
Mené de 21 points en début de troisième quart-temps, Flip Saunders renvoie sur le parquet ses quatre protégés, et la rencontre auparavant largement dominée par l’Ouest change de physionomie, les Joueurs de Detroit infligeant une véritable correction (41-27) à Duncan et consorts, bien aidés par un Wade affolant d’efficacité (20 points, 9/11 au tir) et par un Lebron James de gala, toujours aussi aérien. Et la déferlante bleue se poursuit lors du dernier acte, remporté 28-23, malgré un Kobe Bryant en réussite dans la dernière minute, avec un dunk et un tir impossible rentré au nez et à la barbe de Dwyane Wade, ce dernier scellant le sort de la rencontre par un rebond offensif suivit d’un lay-up à quelques secondes de la fin, le 55ème All-Star Game se terminant, suite à un magnifique air-ball de T-Mac, par un nouvel alley-oop raté de Vince Carter sur une passe d’Iverson. L’Est remporte donc le match des étoiles pour la deuxième année consécutive (122-120), et se remet ainsi peu à peu de l’outrageante domination exercée par les Bryant, O’Neal, Garnett, Allen et consorts au début des années 2000, la courte victoire à Houston symbolisant également la montée en puissance des jeunes stars Lebron James et Dwyane Wade, qui ont éclipsé Allen Iverson (12 points), Vince Carter (4 points), Paul Pierce (7 points)et le grincheux Rasheed Wallace (2 points), réduits à la portion congrue. On notera également l’excellent match de Chauncey Billups, auteur de 15 points et 7 passes en 15 minutes de jeu, qui a participé plus qu’activement à la remontée fantastique des protégés de Flip Saunders lors du troisième acte, et la régularité du Shaq, qui a largement martyrisé le cercle pour s’offrir 17 points en 20 minutes. Côté Ouest, Mac Grady survole les débats en scorant 36 points à 15/26, malgré une adresse « O’Nealienne » aux lancers (2/7), alors que Duncan (15 points), Marion (14 points), Nowitzki (10 points) et Brand (12 points) tirent leurs épingles du jeu, Ray Allen se montrant particulièrement maladroit (0/7 à longue distance), n’inscrivant que 8 points, lui qui avait terminé meilleur scoreur de la précédente édition. Pour son premier All-Star Game, TP rend une feuille de stat’ honorable, avec 8 points et 4 passes en 20 minutes, malgré un léger passage à vide en deuxième mi-temps (3 pertes de balles consécutives).
 
Loin du score fleuve du match de 2003, le All-Star Game texan restera sans doute dans les annales pour les performances des jeunes loups James et Wade, et le sens du collectif des troupes de Detroit, les quatre pistons apportant en défense comme en attaque la preuve de leur redoutable efficacité, démontrant qu’ils méritent largement leur statut de favoris pour le titre cette année. (Si, si Bruno !) On espère bien y retrouver Boris Diaw dans quelques années, lorsqu’il aura définitivement conquis le cœur des fans et des spécialistes de la ligue la plus prestigieuse du monde !
 

Three-Point Shootout

 
En marge de l’incontournable All-Star Game se déroulait le non moins intéressant concours de shoot à trois points, qui voit s’affronter les plus fines gâchettes de la ligue, pour une épreuve qui demande, bien sûr, de la précision, mais également une vitesse d’exécution et un timing parfaits. Shooteur de série impressionnant, Ray Allen faisait office de favori, lui qui avait déjà glané le titre en 2001. Auteur d’une première série de haut niveau, avec 19 shoots rentrés (dont 9 d’affilés), largement suffisant pour le propulser en finale du concours, Allen retrouvait Arenas (14) et Nowitzki (14 également) pour la dernière manche, Billups (12), Richardson (12) et Terry (13) étant éliminés suite à leurs décevantes prestations. Seulement voilà, le prolifique arrière de Seattle se heurtait en finale au teuton de la ligue, Nowitzki enquillant les banderilles dans le plus pur style (parabolique) du shooteur longue distance, réalisant 18 points, alors que Allen perdait peu à peu sa confiance, terminant à la troisième position (15 points), derrière Arenas, deuxième avec 16 points. Après Stojakovic, vainqueur du concours à deux reprises, Nowitzki démontre de la plus belle des manière que les européens savent shooter…et de loin.
 

Slam Dunk Contest

 
Le concours de dunk du samedi soir s’annonçait chaud bouillant, avec la présence d’Andre Iguodala qui, après avoir récité ses gammes lors du Rookie Challenge, pouvait légitimement prétendre inscrire son nom au palmarès des meilleurs dunkeurs de la ligue. Pour lui barrer la route, le filiforme grizzli Hackim Warrick, la puce de New York Nate Robinson (1m75), et l’aérien tenant du titre, Josh Smith. Le concours tournait bien vite à un duel Robinson - Iguodala, le meneur New Yorkais étant largement soutenu par le public du Toyota Center, sa petite taille transformant ses dunks relativement banals en exploits venus d’ailleurs. Les plus belles réalisations du contest furent sans aucun doute ce dunk somptueux d’un Iguodala frisant la commotion cérébrale sur une passe d’Iverson, le tout en prenant appuis derrière la planche, et l’envolée magique de Nate Robinson par dessus Spud Webb, conclue par un dunk fracassant, qui mit définitivement le public dans la poche du lutin. En finale, Iguodala fut devancé de peu par Robinson qui, au bout de quatorze tentatives (!), réussit un magnifique rider (balle entre les jambes) pour s’adjuger le titre de meilleur dunkeur de la NBA.
 
Skills Challenge
 
Arrivé récemment au programme du All-Star week-end, le « skills challenge » met en scène les meneurs de jeu les plus véloces et les plus adroits de la ligue, pour un concours qui consiste en un parcours avec slalom, épreuve d’adresse à la passe et au shoot, lay-up et dunk. Et à ce petit jeu là, c’est Dwyane Wade qui l’a emporté largement (26 secondes), devançant Lebron James (33 secondes), Chris Paul (41 secondes), et le tenant du titre Steve Nash (57 secondes), ce dernier ayant raté toutes ses tentatives de shoot à mi-distance.
 
Shooting Stars
 
Composées de trois joueurs, une star actuelle de la NBA, une légende de la ligue et une joueuse WNBA, les équipes s’affrontent dans un concours d’adresse, où les shooteurs se succèdent pour parvenir en un minimum de temps à marquer des shoots à mi-distance, des shoots à trois points et un shoot du milieu du terrain. L’équipe de San Antonio, qui comprenait Parker, Kerr et Wecker à tué le suspense d’entrée, TP marquant en effet du premier coup le shoot du milieu du terrain, bouclant une prestation sans fautes réalisée en 25 secondes. Une anecdotique - mais néanmoins réussie - entrée en matière pour Tony Parker, nullement diminué par son « mémorable » concert de Rap de la veille, où l’on a notamment pu voir Ronny Turiaf et sa capuche s’agiter frénétiquement au fond de la scène…On ignore si, contrairement à la fin de saison des Spurs, le nouvel (et premier) opus de TP passionnera les foules…
 
Buddy Holy, Houston, Tx.
 
 

Chronique NBA (1)

Cela faisait un certain temps que je n'avais plus allumé le poste télé après deux heures du matin... Ma perception du basket à l'échelle de la planète s'était quelque peu européocentrée, de ce fait, et la performance de Boris Diaw me donnait le droit de croire que la NBA se laissait peu à peu contaminer par le style Euroleague.

Néanmoins, me rappelant par ailleurs la taille démesurée des scores NBA (c'est simple: les scores sont deux fois plus gros qu'en Euroleague!), et la vive modération par Scottie Pippen de la qualité réelle des performances de Kobe, je savais aussi que la ligue la plus forte au monde était aussi celle qui commençait à oublier jusqu'au sens du mot défense. En toute logique, la chute de la qualité défensive devrait provoquer à terme la banalisation des performances offensives des joueurs. Comme le soulignait, dans un post acidulé, Scottie Pippen, n'importe quel shooteur un peu opportuniste pourra bientôt scorer régulièrement 40 points. Les règles d'arbitrage ont été adaptées pour que les contacts sur les extérieurs et les arrières donnent systématiquement droit aux lancers-francs (ce qui explique les 450 lancers francs de Kobe, en 41 matches... et ce qui gonfle artificiellement, peut-être, sa moyenne de points de quelques unités!). Tout cela résulte d'un implacable syllogisme soutenu par David Stern, le grand manitou de la NBA: Il faut redorer l'image de la NBA; or les images télé, c'est l'attaque, pas la défense; conclusion: misons tout sur l'attaque! Inutile de préciser qu'un tel raisonnement gonfle bel et bien les chiffres, mais pas forcément le niveau de jeu réel de la ligue. J'en veux pour preuve le match des Spurs de cette nuit: la meilleure équipe de la NBA gagne ses matches sur des bases de moins de 90 points (86-82 contre les Blazers, cette nuit, même s'ils ont été aidés par le 3/15 entêté de Juan Dixon...), défend comme une bonne équipe européenne, et attaque par systèmes, quitte ensuite, comme elle l'a très bien fait cette nuit, à s'en remettre parfois à la créativité de Ginobili, qui réinvente le basket à chacune, ou presque, de ses actions...(22 points en 10 shoots, et quatre passes décisives).

Je disais donc: j'ai rallumé le poste cette nuit. J'ai été agréablement surpris par le duo Okur (le "Mehmet la mèche", selon l'heureuse expression de Jacques Monclar) / Kirilenko. Les cinq contres de Kirilenko, notamment celui sur Earl Boykins, furent impitoyables. Ce que révélait ce match, par ailleurs fort banal, c'est l'évolution de la perception des Européens au sein de la ligue. Les deux intérieurs européens (oui, enfin... le Turc et le Russe, quoi, chipotez pas!) sont les leaders statistiques et les vrais gagneurs de cette équipe. Basketnews se demandait si Nowitzki n'était pas entravé, dans son leadership à Dallas, par son origine européenne, et le manque de confiance viscéral que les Ricains éprouvent vis-à-vis des Européens. Je pense qu'il n'en est rien. La seule chose qui freine réellement Nowitzki, c'est que les autres ne soient peut-être pas assez forts pour jouer avec lui... Européanisation du jeu? Gordon-Herbertisation du jeu? Les puristes de la balle orange pourraient souhaiter une telle évolution. A la condition que la diffusion du jeu sous contrôle (comme le "right way" autoritaire de Larry Brown, qui a discipliné au cours de sa carrière successivement Iverson, Rasheed Wallace (!) et Marbury) continue de faire la part belle à des actions d'éclat, à des trouvailles de génie au coeur-même des cadenas défensifs: toute ginobilisation des systèmes serait la bienvenue!

Kobe n'a marqué que 26 points cette nuit. Fait assez rare pour être signalé. LeBron a pondu un triple-double. 75 points pour le trio Allen-Ridnour-Lewis du côté de Seattle, dont 32 pour le seul Ray Allen (bénis soient son nom et surtout sa patte), à 12/20 dans le champ (dont 40% à trois points, et 80% aux lancers). Et me voilà forcé de reconnaître que ma mauvaise foi m'autorise à dire sans broncher: Kobe qui met 40 points c'est pas mal mais bof, alors que Ray qui en met 32, c'est bien...