23.12.2007

Kobe Bryant: chapeau Mestro

20 000 points marqués en NBA, à 29 ans, et 39 points ce soir pour que la fête soit belle. Bravo, mec. 

28.08.2007

NBA: MVP 2005-2006


Tandis que les playoffs débutent, et transcendent le microcosme NBA, tous les observateurs avertis attendent avec une impatience grandissante que soit nommé le meilleur joueur de la saison écoulée, celui qui a enflammé les foules, qui a porté son équipe vers le succès, et qui inscrira son nom au prestigieux palmarès des basketteurs les plus dominants de la ligue, au sein duquel figurent Jabbar, Garnett, ainsi que Jordan, Duncan, Malone, Barkley, Magic…

La saison passée, le titre suprême de MVP (Most Valuable Player pour les anglophobes) avait été glané par le canadien et néo-mannequin Steve Nash, récompensé pour son impact dans l’effectif des Suns, auteurs d’une remarquable saison. Force est de constater que, malgré la blessure de Soudemire , les Suns n’ont guère faibli, se classant 2ème à l’Est à l’issue de la saison régulière. Le meneur canadien a endossé davantage de responsabilités en attaque, et si sa moyenne de points a grimpé (18,8 points/match), sa réussite au tir n’en a pas fait les frais, puisque le magicien des Suns  tourne autour des 50% à mi-distance, et 44% à 3-points…Nash, encore une fois meilleur passeur du championnat (10.5/match) se pose donc en candidat indiscutable à sa propre succession, et, malgré le fait qu’il soit canadien, et pas uniquement responsable de la bonne tenue des Suns (Diaw a pris une place plus que prépondérante dans la rotation), présente toute les caractéristiques du MVP de base, leader statistique, charismatique, et emblématique de son équipe, avec une gueule d’amour et le sourire caractéristique du champion, de la trempe de ceux qui, le matin, mélangent sans états d’âme le nutella au café au lait…

Son premier rival, dont le seul prénom évoque les séismes qu’il est à même de provoquer dans les défenses adverses,  est parvenu cette année a tirer vers le haut une équipe des Lakers pourtant moribonde en début de saison, et que l’on attendait certainement pas en playoffs à l’issue de la saison régulière…Rarement irréprochable, très souvent décisif, Kobe Bryant, puisque c’est de lui qu’il s’agit (tu l’auras deviné, sympathique lecteur), a réalisé la meilleure saison de sa carrière depuis son arrivée dans la ligue (en 1996), avec des statistiques dignes de Chamberlain (35 points par match, avec une pointe à 81) pour une réussite malgré tout correcte (45%). Avec le retour aux affaires de Phil Jackson, et l’immense talent de son arrière vedette, la franchise de Los Angeles a su se faire une place au soleil, puisqu’elle termine 7ème de la conférence Ouest, pourtant très relevée. N’en déplaise à ses détracteurs, « Mr 81 points » est bien le principal responsable de cette performance, car même si Jackson a partiellement réussi à potentialiser les talentueux Kwame Brown et Brian Cook (le cuistot aux mains d’or, dixit George), leur impact dans les systèmes de jeu du « Zen Master » reste indéniablement très réduit. Odom, deuxième arme offensive des angelinos, semble monter en puissance à l’approche des playoffs, de bonne augure pour la suite, puisque les Lakers affronterons les redoutables Suns au premier tour. Même si les californiens ne taquinent pas les sommets de la conférence Ouest, il apparaît logique, étant donné ses performances exceptionnelles et son rôle de leader au sein de l’effectif de Jackson, que Kobe soit un prétendant plus que crédible au titre de MVP de la saison écoulée…Si le « franchise-player » des Lakers apparaît en ce moment au sommet de sa forme, il devra néanmoins compter avec un autre joueur talentueux, en progression constante depuis son arrivée dans la ligue, et qui détient aujourd’hui les rênes de l’attaque de la deuxième meilleure équipe de l’Ouest (du point de vue statistique), à savoir le teuton Dirk Nowitzki.

Anciennement coéquipier de Nash, parti bronzer dans l’Arizona, l’allemand (26 points, 9 rebonds) s’est constitué seul leader des Mavs depuis le départ du canadien et de Finley, nouveau pensionnaire du AT&T Center, et force est de constater que ce rôle lui va à merveille. Vraisemblablement le « seven-footer » le plus adroit de la ligue, Nowitzki est, en plus d’un rebondeur correct, une véritable gâchette, à mi-distance comme à trois-points (il a d’ailleurs remporté le concours de shoot du ASW), capable de série ahurissantes dans le money-time. Sous la férule d’Avery Jonhson (en course pour le titre de « coach of the year »), Nowitzki a pris une autre dimension, et se pose donc logiquement en candidat pour le titre suprême de meilleur joueur de l’année.

Autre concurrent au titre de MVP, Lebron James (31 points, 7 rebonds, 6 passes, 1,5 interceptions) n’a pas raté son entrée en matière en playoffs, les premiers de sa jeune carrière. Hyper athlétique, adroit quand il le faut, l’arrière/aillier/meneur des Cavs a littéralement porté son équipe vers les playoffs, affichant des statistiques  ahurissante pour un gamin qui traînait il y a trois ans dans les supermarchés avec ses potes. Malgré sa jeunesse, James fait partie des sérieux clients à l’Est, et peut espérer, si ses coéquipiers se mettent au diapason, un joli parcours en playoffs, même si les mastodontes Miami et Detroit risquent de lui barrer l’accès aux finales.

Dernier candidat au titre suprême, le Piston Chauncey Billups (l’homme à la mine chafouine, m’a t’on appris récemment) fait figure de sérieux outsider dans la course au sacre. Le meneur de Detroit effectue en effet sa meilleure saison (18,5 points, 8.5 passes) depuis son arrivée en NBA, en 1997, et s’est constitué fer de lance d’une attaque libérée par Flip Saunders, et qui a fait des ravages sur les parquets cette saison, les Pistons terminant la saison régulière avec le meilleur bilan de la ligue (64v/18d). Le bonhomme, en plus de maîtriser joliment le chinois (voir ses bras), joue parfaitement juste, en attaque comme en défense, et symbolise l’esprit de groupe et la cohésion qui émane de cette équipe de Detroit, déterminée à reconquérir le titre perdu l’année dernière contre les Spurs…

Si l’on se base sur le talent pur et les statistiques, il est évident que Bryant apparaît grandissime favoris au titre de MVP. Toutefois, les Lakers sont loin d’effectuer une brillante saison, et des joueurs comme Nash, Nowitzki ou Billups, moins régulièrement abonnés aux « traditionnels et tant attendus top ten de la semaine » mais qui réalisent une remarquable saison dans leurs clubs respectifs, pourrait bien glaner l’honneur suprême. Quant à James, sa jeunesse lui coûtera certainement le titre cette saison, mais il apparaît certain que le leader des Cavs l’obtiendra dans quelques années…

Un mot sur les absents…Allen Iverson, malgré un rendement offensif de premier ordre, ne peut espérer glaner le deuxième titre de MVP de sa carrière, étant donné les performances des Sixers, grillés par Chicago dans la dernière ligne droite de la course aux playoffs…Dwyane Wade devra, lui, s’imposer définitivement dans la ligue, ce qu’il ne manquera pas de faire lorsque O’Neal passera plus de temps à l’infirmerie que sur les parquets, l’âge ne faisant, en basket comme ailleurs, rien à l’affaire….Tim Duncan, soulagé par les apports offensifs de Parker et Ginobili (quand il n’est pas sur le flanc), a réalisé une saison honorable, mes ses statistiques et son impact offensif ne lui permettent pas d’envisager un 3ème titre de MVP, qui viendrait garnir une étagère de trophées déjà bien remplie…Kevin Garnett, quant à lui, a réalisé une saison exécrable avec les Timbervolwes…Eliminé de la course au playoffs depuis bien longtemps, le « gros ticket » est apparu bien trop seul pour espérer inquiéter davantage les cadors de la conférence Ouest que sont San Antonio, Dallas, ou Phoenix.

Bryant, Billups, Nash, Nowitzki ou encore Lebron James ?? Le choix du Systar se portera vers un homme, un seul, celui qui a su garder la tête froide dans les moments chauds, celui qui a un cœur gros comme ça (gestuelle habituelle), le sourire jusqu’aux oreilles, qui est toujours prêt à rendre service à l’équipe (Waterboy), j’ai nommé…Ronny Turiaf ! Un retour aux affaires aussi rapide après une lourde opération, une présence sur le banc indéniable et une telle joie de vivre sont largement dignes d'être récompensés!

Buddy 

All Star Week-end 2006: Bilan

ALL-STAR GAME

 

Après le Rookie Game du vendredi soir se déroulait à Houston le 55ème All-Star Game de l'histoire de la NBA, match de gala qui voyait s'affronter les meilleurs joueurs de chaque conférence, élus par un vote du public pour les titulaires, désignés par l'ensemble des coachs pour les remplaçants. On pouvait croiser dans les travées du Toyota Center le gratin du star system, des rappeurs aux légendes NBA, en passant par les milliardaires californiens…Jay-Z (qui sa Beyonce où) balance un Big-Up à Nelly, qui s’excite sous les yeux du vénérable Bill Russel, assis avec son épouse au premier rang…Le trublion Marc Cuban, propiétaire des Mavs, s’improvise commentateur pour la télévision américaine, alors que l’éternelle casquette de George Eddy balance ses inénarrables calembours au côté de Bruno Poulain et de Boris Diaw, consultant de luxe pour l’occasion…TP et Duncan s’échauffent dans une ambiance de franche rigolade, Shaq et Kobe s’entendent comme larrons en foire, et même Avery Johnson, le ténébreux coach de l’Ouest, à le sourire aux lèvres. Après une (trop) longue introduction marquée par une entrée « à l’américaine » des deux effectifs sur le parquet, qui a vu l’hymne américain susurré puis hurlé par les Destiny’s Child, et la bannière étoilée monter lentement au plafond du Toyota Center, les belligérants sont enfin prêts à en découdre.

 
Suite à l’accolade entre Iverson et le nombril de Yao Ming, le show débute par une belle lutte entre les deux artificiers Tracy Mac Grady (Houston) et Lebron James (Cleveland), le local se montrant très en verve lors du premier quart temps. Comme lors de chaque all star game, le problème se résume à trouver le bon compromis entre attaque spectaculaire et cohérence dans le jeu. Et c’est l’Ouest qui, malgré un premier quart-temps équilibré (28-28), réalise le mieux cette difficile osmose et prend le dessus lors de la première mi-temps (70-53), notamment grâce à un très bon deuxième passage de Tony Parker qui inscrit ses 8 points en 1’25’’ avec deux « and-one » sur des lay-ups d’école, et à un T-Mac toujours survolté à longue distance, Yao Ming se montrant, comme à son habitude dans ce genre de match, particulièrement discret. Les deux premiers actes sont également marqués par de spectaculaires ratés, notamment un alley-oop d’AI dans les tribunes, un dunk monstrueux de Carter sur le cercle, qui renvoie la gonfle jusque dans la raquette adverse, une bouffonnerie de Shaq qui tente également un alley-oop pour « himself » sur un lancer-franc, et quelques air-ball bien sentis de Nowitzki et Bryant, ce dernier jouant la carte de l’altruisme, une fois n’est pas coutume, distribuant 8 caviars en 26 minutes de jeu.
 
Mené de 21 points en début de troisième quart-temps, Flip Saunders renvoie sur le parquet ses quatre protégés, et la rencontre auparavant largement dominée par l’Ouest change de physionomie, les Joueurs de Detroit infligeant une véritable correction (41-27) à Duncan et consorts, bien aidés par un Wade affolant d’efficacité (20 points, 9/11 au tir) et par un Lebron James de gala, toujours aussi aérien. Et la déferlante bleue se poursuit lors du dernier acte, remporté 28-23, malgré un Kobe Bryant en réussite dans la dernière minute, avec un dunk et un tir impossible rentré au nez et à la barbe de Dwyane Wade, ce dernier scellant le sort de la rencontre par un rebond offensif suivit d’un lay-up à quelques secondes de la fin, le 55ème All-Star Game se terminant, suite à un magnifique air-ball de T-Mac, par un nouvel alley-oop raté de Vince Carter sur une passe d’Iverson. L’Est remporte donc le match des étoiles pour la deuxième année consécutive (122-120), et se remet ainsi peu à peu de l’outrageante domination exercée par les Bryant, O’Neal, Garnett, Allen et consorts au début des années 2000, la courte victoire à Houston symbolisant également la montée en puissance des jeunes stars Lebron James et Dwyane Wade, qui ont éclipsé Allen Iverson (12 points), Vince Carter (4 points), Paul Pierce (7 points)et le grincheux Rasheed Wallace (2 points), réduits à la portion congrue. On notera également l’excellent match de Chauncey Billups, auteur de 15 points et 7 passes en 15 minutes de jeu, qui a participé plus qu’activement à la remontée fantastique des protégés de Flip Saunders lors du troisième acte, et la régularité du Shaq, qui a largement martyrisé le cercle pour s’offrir 17 points en 20 minutes. Côté Ouest, Mac Grady survole les débats en scorant 36 points à 15/26, malgré une adresse « O’Nealienne » aux lancers (2/7), alors que Duncan (15 points), Marion (14 points), Nowitzki (10 points) et Brand (12 points) tirent leurs épingles du jeu, Ray Allen se montrant particulièrement maladroit (0/7 à longue distance), n’inscrivant que 8 points, lui qui avait terminé meilleur scoreur de la précédente édition. Pour son premier All-Star Game, TP rend une feuille de stat’ honorable, avec 8 points et 4 passes en 20 minutes, malgré un léger passage à vide en deuxième mi-temps (3 pertes de balles consécutives).
 
Loin du score fleuve du match de 2003, le All-Star Game texan restera sans doute dans les annales pour les performances des jeunes loups James et Wade, et le sens du collectif des troupes de Detroit, les quatre pistons apportant en défense comme en attaque la preuve de leur redoutable efficacité, démontrant qu’ils méritent largement leur statut de favoris pour le titre cette année. (Si, si Bruno !) On espère bien y retrouver Boris Diaw dans quelques années, lorsqu’il aura définitivement conquis le cœur des fans et des spécialistes de la ligue la plus prestigieuse du monde !
 

Three-Point Shootout

 
En marge de l’incontournable All-Star Game se déroulait le non moins intéressant concours de shoot à trois points, qui voit s’affronter les plus fines gâchettes de la ligue, pour une épreuve qui demande, bien sûr, de la précision, mais également une vitesse d’exécution et un timing parfaits. Shooteur de série impressionnant, Ray Allen faisait office de favori, lui qui avait déjà glané le titre en 2001. Auteur d’une première série de haut niveau, avec 19 shoots rentrés (dont 9 d’affilés), largement suffisant pour le propulser en finale du concours, Allen retrouvait Arenas (14) et Nowitzki (14 également) pour la dernière manche, Billups (12), Richardson (12) et Terry (13) étant éliminés suite à leurs décevantes prestations. Seulement voilà, le prolifique arrière de Seattle se heurtait en finale au teuton de la ligue, Nowitzki enquillant les banderilles dans le plus pur style (parabolique) du shooteur longue distance, réalisant 18 points, alors que Allen perdait peu à peu sa confiance, terminant à la troisième position (15 points), derrière Arenas, deuxième avec 16 points. Après Stojakovic, vainqueur du concours à deux reprises, Nowitzki démontre de la plus belle des manière que les européens savent shooter…et de loin.
 

Slam Dunk Contest

 
Le concours de dunk du samedi soir s’annonçait chaud bouillant, avec la présence d’Andre Iguodala qui, après avoir récité ses gammes lors du Rookie Challenge, pouvait légitimement prétendre inscrire son nom au palmarès des meilleurs dunkeurs de la ligue. Pour lui barrer la route, le filiforme grizzli Hackim Warrick, la puce de New York Nate Robinson (1m75), et l’aérien tenant du titre, Josh Smith. Le concours tournait bien vite à un duel Robinson - Iguodala, le meneur New Yorkais étant largement soutenu par le public du Toyota Center, sa petite taille transformant ses dunks relativement banals en exploits venus d’ailleurs. Les plus belles réalisations du contest furent sans aucun doute ce dunk somptueux d’un Iguodala frisant la commotion cérébrale sur une passe d’Iverson, le tout en prenant appuis derrière la planche, et l’envolée magique de Nate Robinson par dessus Spud Webb, conclue par un dunk fracassant, qui mit définitivement le public dans la poche du lutin. En finale, Iguodala fut devancé de peu par Robinson qui, au bout de quatorze tentatives (!), réussit un magnifique rider (balle entre les jambes) pour s’adjuger le titre de meilleur dunkeur de la NBA.
 
Skills Challenge
 
Arrivé récemment au programme du All-Star week-end, le « skills challenge » met en scène les meneurs de jeu les plus véloces et les plus adroits de la ligue, pour un concours qui consiste en un parcours avec slalom, épreuve d’adresse à la passe et au shoot, lay-up et dunk. Et à ce petit jeu là, c’est Dwyane Wade qui l’a emporté largement (26 secondes), devançant Lebron James (33 secondes), Chris Paul (41 secondes), et le tenant du titre Steve Nash (57 secondes), ce dernier ayant raté toutes ses tentatives de shoot à mi-distance.
 
Shooting Stars
 
Composées de trois joueurs, une star actuelle de la NBA, une légende de la ligue et une joueuse WNBA, les équipes s’affrontent dans un concours d’adresse, où les shooteurs se succèdent pour parvenir en un minimum de temps à marquer des shoots à mi-distance, des shoots à trois points et un shoot du milieu du terrain. L’équipe de San Antonio, qui comprenait Parker, Kerr et Wecker à tué le suspense d’entrée, TP marquant en effet du premier coup le shoot du milieu du terrain, bouclant une prestation sans fautes réalisée en 25 secondes. Une anecdotique - mais néanmoins réussie - entrée en matière pour Tony Parker, nullement diminué par son « mémorable » concert de Rap de la veille, où l’on a notamment pu voir Ronny Turiaf et sa capuche s’agiter frénétiquement au fond de la scène…On ignore si, contrairement à la fin de saison des Spurs, le nouvel (et premier) opus de TP passionnera les foules…
 
Buddy Holy, Houston, Tx.
 
 

All Star Week-end: It's Showtime, Baby!

En plus des deux cinq majeurs annoncés il y a une semaine, le banc des remplaçants pour le All-Star game est désormais dévoilé, avec en point d’orgue la sélection de Tony Parker parmi les tous meilleurs arrières (guard) de la ligue. Auteur d’une première moitié de saison à 200 à l’heure, soignant ses statistiques et travaillant son agressivité sur le terrain, Tony ne peut que mériter cette première sélection tant attendue d’un tricolore au match des étoiles. Doublure de Steeve Nash sur le parquet du Toyota center de Houston, Parker va donc connaître l’un des plus grands shows à l’Américaine, dans la nuit du 19 février…Nouveau statut, nouvelle promotion pour le meneur de San Antonio, fraîchement élu meilleur joueur de la semaine, et qui n’en finit plus de ravir les fans texans. TP est réellement un meneur, véritable métronome de l’attaque des Spurs, organisateur à bon escient d’un jeu avant tout basé sur le collectif et l’attaque placée, attaque régulièrement perturbée par les coups de génie du feu follet Ginobili, lorsqu’il ne campe pas à l’infirmerie. Le gaucho paye justement cette fragilité physique par son absence au All-Star game, mais laisse une place en or à Parker, qui ne pouvait sérieusement être inquiété par Bibby, pourtant en jambe ces dernières semaines, mais totalement perdu dans les profondeurs du classement avec les Kings, et par Baron Davis qui, malgré un jeu « flashy » et des statistiques correctes, est beaucoup moins populaire que le frenchy dans le cœur des américains. Quant au rookie Chris Paul, véritable rayon de soleil des Hornets, il lui manque certainement quelques gallons pour espérer une place dans le roster de l’Ouest. Tony sera bien entouré, puisque Nowitzki, Allen, Garnett, Marion, Gasol et Brand ont également été appelés à compléter l’effectif coaché par Avery Johnson. On remarquera avec un certain plaisir la première sélection en carrières des deux intérieurs Gasol et Brand,  pièces maîtresses des rosters de Memphis et des Clippers, qui , à défaut d’être spectaculaires, sont remarquables d’efficacité sous les panneaux…

On peut tout de même s’interroger sur la capacité de Tony Parker à briller dans ce genre de matchs, totalement voués à l’attaque et au jeu spectaculaire, où les alley-oop sont de rigueurs, où les artilleurs rivalisent d’adresse, et où les dunkeurs s’éclatent sous les yeux émerveillés de millions d’Américains. (Et de quelques Français, si si…) Le problème avec TP, c’est que son shoot n’est pas d’une efficacité à toute épreuve, encore moins à longue distance, et que les nombreuses pénétrations qu’il effectue au cours des matchs, qui demandent un bagage technique conséquent, ne sont pas pour autant à même d'enthousiasmer l'exigent public du Toyota Center. On lui souhaite tout de même de participer au show-time texan, de délivrer les caviars dont il a le secret, et de planter quelques tirs drop au nez et a la barbe de big shaq daddy!

A l’Est, le banc des remplaçants est trusté par l’armada de Detroit, puisqu’en plus de Carter, de Bosh de Pierce et d’Arenas qui remplace l’éternel estropié Jermaine O’Neal, Billups, Hamilton et les deux Wallace seront eux aussi de la fête. De quoi rendre nettement moins affriolant le jeu des troupes de Flip Saunders, mais autrement plus efficace défensivement. On espère juste que Big Ben sortira l’afro pour l’occasion, et pourquoi pas les lunettes assorties à la tunique de l’Est…      

Autre événement important de ce All-Star week-end, le concours de shoots à trois points, qui verra s’affronter Quentin Richardson, complètement à l’ouest avec New-York, c’est un comble, depuis le début de la saison, Chauncey Billups, Dirk Nowitzki et Jason Terrry de Dallas, Raja Bell des Suns, et Ray Allen, la gâchette des Sonics partant favori pour la reconquête du titre qu'il a glané en 2001.

Un mot sur le concours de dunk, où Josh Smith défendra son titre contre le Grizzli Hakim Warrick aux bras tentaculaires (surnommé l’hélicoptère à Syracuse…), Andre Iguodala des Sixers et le minuscule Nate Robinson (1m75), évoluant aux Knick de New York, et qui pourrait bien nous refaire le coup de Spud Webb, sacré en 1986…

Hop, quelques petits pronostics pour la route :

-         All-Star Game : Victoire de l’Ouest, Kobe MVP

-         Three-point shootout : Ray Allen 

-         Rising Stars Slam Dunk : Nate Robinson  

Buddy Holy

NBA 2005-2006: Premier Bilan

Premier bilan (par Buddy Holy)

Le Monde De La NBA est en ébullition. L’évènement majeur du basket américain avec les ultimes « Finals », à savoir le All-Star Game, approche à grands pas. La ville de Houston va recevoir le gratin d’Hollywood, la fine perle des rappeurs US (Fifty, Jay-Z, et Jean pass…), et les blondes platines des industriels américains, tous au premier rang. Ce break salvateur symbolise également le milieu de la saison régulière, l’heure de tirer les enseignements de cette première partie d’exercice 2005-2006.

A l’ouest, rien de nouveau (ou presque)

Les grosses écuries sont au rendez-vous. San Antonio, Phoenix, Dallas, trois équipes à plus de 65% de victoires, répondent aux attentes de leurs fans, et se placent en favoris pour le titre. Parker est en progression constante, dans son shoot notamment (2ème pourcentage de toute la ligue), dans sa gestion des fins de match, sa distribution du jeu, et ses apparitions dans la presse people…bref, le meneur français semble bien parti pour une première sélection tricolore dans un All-Star Game US. Nowitzki est dans une forme étincelante, et s’impose comme un prétendant logique au titre de MVP de la saison, si les Mavs conservent leur dynamique de victoires. Le soleil brille pour Boris Diaw, candidat manifeste au trophée de MIP (Most Improved Player), qui démontre à chaque match, ou presque, son sens du collectif et son intelligence de jeu. Le dernier MVP, Nash, répond présent, et porte sur ses épaules une équipe de Phoenix pourtant privée de son mâle dominant, Amare Stoudemire. Les croustillants Nuggets de Denver confirment leur redressement magistral de fin de saison 2005 sous la houlette de coach Karl, et devraient retrouver le sourire avec le retour du surprenant Marcus Camby (15 points,11 rebonds et 3 contres en moyenne par match) que l’on n’attendait plus à pareille fête! Memphis poursuit sa marche en avant, avec le néo-barbu Gasol qui commence enfin à s’imposer sous les panneaux. Espérons que la blessure (grave) d’un Stoudamire retrouvé en attaque ne stoppera pas la marche en avant des Grizzlies…Les Lakers de Kobe Bryant, titanesque durant ce mois de Janvier (avec, tout de même, une pointe à 81 points le 22 au soir) restent trop Kobe-addicted pour espérer une fin de saison sous les meilleurs auspices (il resterait bien les hospices, mais bon…), tout comme les Wolves de Garnett, renforcés par l’arrivée de Ricky Davis, mais qui restent bien en deçà du niveau affiché lors de la saison 2003-2004. La plus grosse surprise, et elle est de taille, de cette première moitié de saison, reste la prestation plus que correcte des Clippers de LA (26v/17d), longtemps parents pauvres de la cité des Anges, et qui, depuis l’arrivée du « chinois » Sam Cassell et de l’artilleur Cutino Mobley, ont pris une nouvelle dimension. Déception en revanche pour les Sonics de Ray Allen, et du frenchy fraîchement drafté Johan Petro, qui pouvaient espérer mieux qu’une treizième place de conférence après une saison 04-05 des plus réussies, ainsi que pour les Kings de Sacramento, du transfuge d’Indiana Ron Artest, qui viennent, cerise sur le gâteau, de perdre leur All-Star de pivot Brad Miller sur blessure. Impossible de clore ce tour d’horizon de la conférence Ouest sans évoquer le nom de Chris Paul, futur Rookie de l’année, qui réalise une saison de toute beauté avec les…New - Orleans Hornets!

A l’Est, deux arguments de poids : Shaq et Les Pistons

35 victoires, 6 défaites. Un bilan ahurissant pour des Pistons libérés en attaque depuis l’arrivée en provenance du Minnesota de Flip Saunders, et qui réalisent le meilleur départ de la franchise toutes générations confondues. Portés par un Billups au sommet de sa forme, les faciles vainqueurs à deux reprises des Spurs sont en toute logique les grands favoris pour la (re)conquête du titre qui leur avait échappé l’année dernière. Miami, deuxième bilan à l’Est avec 29 victoires pour 18 défaites, et qui vient de subir une passation de pouvoir avec la reprise en main de la franchise par son mentor, le gominé Pat Riley, se dirige assez facilement vers les playoffs, pour lesquels elle a été formaté, avec notamment les arrivées de Jason Williams, Gary Payton, James Posey, et de l’inénarrable Antoine Walker…Portés par un Shaq sans doute moins dominant mais toujours imposant dans la raquette, et par Dwyane Wade, qui poursuit son ascension fulgurante au sommet de la planète basket, le Heat possède six longueurs d’avance sur les Nets de New-Jersey, heureux leaders de la faible division Atlantic. La bonne surprise de cette première moitié de saison, c’est la bonne tenue des Cavs de Cleveland, portés par un Lebron James époustouflant dans tous les compartiments du jeu, qui mérite plus que jamais sa place au All-Star Game. On aurait juste aimé le voir participer au concours de Dunks, mais quand la star refuse…Autre prétendant aux playoffs, les Sixers de Webber et Iverson se montrent plutôt fébriles, incapables d’aligner 3 victoires de suite…mais le génie sacrificiel d’AI (quelle belle expression Bruno…!) et le talent de Webber devraient suffire pour jouer les prolongations. Petite déception dans l’Indiana, les Pacers présentant un bilan tout juste équilibré à la mi-saison (22v/22d)…on verra si l’arrivée de la gâchette Serbe Stojakovic pourra faire oublier l’intensité défensive de Ron Artest, parti bronzer en Californie, et la fragile condition physique du talentueux Jermaine O’Neal. Pas de changement notoires parmi les cancres de la ligue, à savoir New York, qui malgré l’arrivée de Larry Brown au poste de coach, reste lourdement handicapée par la masse salariale exorbitante du club et l’égo surdimensionné du conflictuel meneur Stephon Marbury, Atlanta qui a laissé filer Diaw (on s’en réjouit), les Bobcats de Charlotte pas aidés par la blessure de leur pilier Okafor (11v/36d), les Raptors de Toronto à la ramasse défensivement, les décevants Celtics de Boston (pas sûr que l’arrivée de Szczerbiak fasse rayonner la franchise du Massachusetts), et les Magics du toujours blessé Grant Hill. Bref, si la lutte pour les playoffs s’annonce rude pour Washington, Philadelphie, Indiana et Chicago, on peut être sûr d’y retrouver les cadors de la conférence Ouest, Detroit, Miami, et très certainement Cleveland…

Buddy Holy

Je vous annonce l'arrivée à la rédaction de la rubrique basket (et du reste, si ça le chante, une rubrique anatomie est en cours de conception, d'ailleurs) de Buddy Holy, noctambule, statisticien, et aussi bon en jeu de mots que son frère... Je lui laisse le soin de se présenter plus longuement à vous, lecteurs, lors de ses prochains envois, et bien sûr de mettre une ou deux photos de lui en action sur un playground, dans l'album consacré aux superstars NBA. Heureux de collaborer avec toi, Buddy, sauf si tu continues à dire que les Pistons seront champions cette année.

Bruno

Chronique NBA (1)

Cela faisait un certain temps que je n'avais plus allumé le poste télé après deux heures du matin... Ma perception du basket à l'échelle de la planète s'était quelque peu européocentrée, de ce fait, et la performance de Boris Diaw me donnait le droit de croire que la NBA se laissait peu à peu contaminer par le style Euroleague.

Néanmoins, me rappelant par ailleurs la taille démesurée des scores NBA (c'est simple: les scores sont deux fois plus gros qu'en Euroleague!), et la vive modération par Scottie Pippen de la qualité réelle des performances de Kobe, je savais aussi que la ligue la plus forte au monde était aussi celle qui commençait à oublier jusqu'au sens du mot défense. En toute logique, la chute de la qualité défensive devrait provoquer à terme la banalisation des performances offensives des joueurs. Comme le soulignait, dans un post acidulé, Scottie Pippen, n'importe quel shooteur un peu opportuniste pourra bientôt scorer régulièrement 40 points. Les règles d'arbitrage ont été adaptées pour que les contacts sur les extérieurs et les arrières donnent systématiquement droit aux lancers-francs (ce qui explique les 450 lancers francs de Kobe, en 41 matches... et ce qui gonfle artificiellement, peut-être, sa moyenne de points de quelques unités!). Tout cela résulte d'un implacable syllogisme soutenu par David Stern, le grand manitou de la NBA: Il faut redorer l'image de la NBA; or les images télé, c'est l'attaque, pas la défense; conclusion: misons tout sur l'attaque! Inutile de préciser qu'un tel raisonnement gonfle bel et bien les chiffres, mais pas forcément le niveau de jeu réel de la ligue. J'en veux pour preuve le match des Spurs de cette nuit: la meilleure équipe de la NBA gagne ses matches sur des bases de moins de 90 points (86-82 contre les Blazers, cette nuit, même s'ils ont été aidés par le 3/15 entêté de Juan Dixon...), défend comme une bonne équipe européenne, et attaque par systèmes, quitte ensuite, comme elle l'a très bien fait cette nuit, à s'en remettre parfois à la créativité de Ginobili, qui réinvente le basket à chacune, ou presque, de ses actions...(22 points en 10 shoots, et quatre passes décisives).

Je disais donc: j'ai rallumé le poste cette nuit. J'ai été agréablement surpris par le duo Okur (le "Mehmet la mèche", selon l'heureuse expression de Jacques Monclar) / Kirilenko. Les cinq contres de Kirilenko, notamment celui sur Earl Boykins, furent impitoyables. Ce que révélait ce match, par ailleurs fort banal, c'est l'évolution de la perception des Européens au sein de la ligue. Les deux intérieurs européens (oui, enfin... le Turc et le Russe, quoi, chipotez pas!) sont les leaders statistiques et les vrais gagneurs de cette équipe. Basketnews se demandait si Nowitzki n'était pas entravé, dans son leadership à Dallas, par son origine européenne, et le manque de confiance viscéral que les Ricains éprouvent vis-à-vis des Européens. Je pense qu'il n'en est rien. La seule chose qui freine réellement Nowitzki, c'est que les autres ne soient peut-être pas assez forts pour jouer avec lui... Européanisation du jeu? Gordon-Herbertisation du jeu? Les puristes de la balle orange pourraient souhaiter une telle évolution. A la condition que la diffusion du jeu sous contrôle (comme le "right way" autoritaire de Larry Brown, qui a discipliné au cours de sa carrière successivement Iverson, Rasheed Wallace (!) et Marbury) continue de faire la part belle à des actions d'éclat, à des trouvailles de génie au coeur-même des cadenas défensifs: toute ginobilisation des systèmes serait la bienvenue!

Kobe n'a marqué que 26 points cette nuit. Fait assez rare pour être signalé. LeBron a pondu un triple-double. 75 points pour le trio Allen-Ridnour-Lewis du côté de Seattle, dont 32 pour le seul Ray Allen (bénis soient son nom et surtout sa patte), à 12/20 dans le champ (dont 40% à trois points, et 80% aux lancers). Et me voilà forcé de reconnaître que ma mauvaise foi m'autorise à dire sans broncher: Kobe qui met 40 points c'est pas mal mais bof, alors que Ray qui en met 32, c'est bien...

Kobe Bryant en 2006: 81 points en un match

Il vient de scorer 81 points en un match, il déclare qu'il était temps que Ronny Turiaf arrive pour les play-offs d'une équipe qui n'est pourtant qu'une des versions les plus faibles jamais observées sur un parquet de NBA de la franchise des Lakers... On comprend clairement que Kobe Bryant est un monstre de confiance en lui.

On s'était pourtant promis de ne plus jamais s'intéresser à ce soliste solipsiste, égoïste, dévoreur de collectif, glouton du shoot forcé. Après trois titres NBA obtenus précocément, Kobe avait finalement montré à la face du monde qu'il était capable de s'isoler, de faire fuir des auxiliaires qui n'étaient pourtant pas tant des rivaux (Jackson et Gros Shaq Papa, on a quand même fait mieux, pour détruire une carrière!) que des garanties de retrouver un jour le titre et d'amorcer une dynastie comparable à celle d'un Jordan qui n'en était pas là au même âge.

Mais il vient de faire oublier à la NBA que les étoiles ne sont rien sans les systèmes, et semble vouloir prouver au monde que les grandes étoiles doivent briller seules ou mourir. Une série de matches à 49 points de moyenne, une pointe à 62 points en une demi-heure il n'y a pas si longtemps, un mano a mano avec Allen Iverson en tête du classement des scoreurs de la ligue la plus vouée à l'attaque au monde... Il n'en faut plus rajouter, sinon les quelques passes décisives qu'il se permet de délivrer quand il oublie qu'il est le meilleur et qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Que dit-on dans ces cas-là? Sans doute doit-on mettre en suspens un tempérament éminemment critique, oublier qu'on préfère voir jouer l'Argentine en jeu FIBA que le suicidaire Team USA de ces dernières années, et dire: chapeau l'artiste. Kobe a beaucoup de défauts. Mais il a un corps d'exception, une technique individuelle incroyable, et une gestuelle qui se reconnaît sur le terrain. Ce n'est ni l'élégante fluidité d'un Ray Allen, ni la force pure d'un LeBron James, ni le génie sacrificiel d'Allen Iverson. C'est plus et autre chose encore. Il devrait être l'un des piliers du Team USA au prochain championnat du monde, voilà qui semble assuré. Et voilà qui autorise les plus hautes spéculations sur le niveau de jeu que Kobe devra afficher lorsque, contre les meilleures équipes européennes, et l'Argentine, il rencontrera (enfin) face à lui des équipes prêtes à réellement défendre.