25.04.2008
L'élégance incarnée: en vous remerciant d'être passés

Dans ce genre de photos, c'est la tête des défenseurs qui subissent le dunk qui vaut le détour.
Ceci pour confirmer une fois de plus que oui, Dwight Howard est bien le successeur de Shaquille O'Neal.
14:43 Publié dans Basket Ball | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nba, basket ball, dwight howard, orlando magic
23.12.2007
Etats des lieux en NBA à Noël 2007: le règne des Celtics

Cette photographie symbolise bien la première partie de la saison de NBA 2007-2008: le règne des vieux briscards, déjà titrés ou bien en quête d'une consécration qui viendrait couronner des carrières souvent brillantes mais encore vierges de palmarès (Kevin Garnett, Ray Allen...). Et le relatif piétinement d'une génération qui avait déjà percé sur les plans statistique, technique, tactique - Carmelo Anthony, LeBron James, Dwyane Wade -, et peine parfois à apposer sur l'époque son empreinte de façon définitive. Si LeBron semble avoir atteint dans le jeu une forme de plénitude qui sera un jour invincible, il demeure trop mal entouré pour devenir "jordanesque". Carmelo Anthony est en passe de laisser le leadership provisoire des Nuggets à un Allen Iverson que l'on croyait déclinant, et qui se replace comme l'un des meilleurs scoreurs et passeurs de la grande Ligue. D-Wade revient, lui, de blessure, dans une équipe moribonde où un Shaquille O'Neal sous-utilisé par Riley se prépare une fin de carrière quelque peu monotone.
C'est donc le Big Three de Boston - Ray Allen, Kevin Garnett et Paul Pierce - et celui de San Antonio - Tim Duncan, encore plus de 30 points et 18 rebonds cette nuit dans un match que les Spurs ont outrageusement dominé, donnant lieu à des phases d'attaque en système exécutées à la perfection et réellement fascinantes de fluidité collective, Tony Parker et Emmanuel Ginobili, qui donnent le ton en tête de chaque Conférence. Pour le plus grand plaisir des amateurs de tactique et d'harmonie collective.

Je n'ai jamais caché que mon joueur préféré était ce shooteur, doté de l'un des plus (le plus) beaux gestes de tir au monde. je m'apprêtais à le voir partir tranquillement, comme tant de ces joueurs de NBA qui ont marqué leur époque en solistes géniaux, en leaders, imposant parfois une gestuelle, une esthétique de jeu à l'ensemble de la NBA, sans pourtant jamais se voir récompensés par le titre suprême. La constitution du Big Green Three changera peut-être le destin de Ray Allen, et celui de l'un des meilleurs N°4 de l'histoire: Kevin Garnett. Pour l'instant, un bilan de 20 victoires pour 3 défaites permet de nourrir de grands espoirs pour les play-offs, pour peu que les hommes de complément progressent et que le Big Three n'arrive pas usé physiquement à l'orée des play-offs.

2007-2008 voit aussi l'explosion d'un joueur aux qualités physiques hors du commun, désormais meilleurs rebondeur de la NBA, avec plus de 15 prises par rencontre: Dwight Howard. L'analogie de parcours avec celui qui fut le pivot le plus dominant de l'Histoire, Big Shaquille "Daddy" O'Neal, est frappante: même club de départ, Orlando, même domination physique (quoique selon des arguments différents: si O'Neal a toujours dominé par sa force physique, Howard se signale plutôt par son explosivité), mêmes mains tremblantes aux lancers-francs...

En fait de pivots dominants, sans doute doit-on continuer à saluer, tout en affectant notre admiration d'un bémol, la carrière d'un Yao Ming, doté, lui, de la technique de basket la plus fluide et parmi les plus abouties à son poste, tout en regrettant que ces qualités, alliées à sa taille (2m27...) n'aient toujours pas conduit les Rockets, malgré le dévouement altruiste de Tracy McGrady, formidable lieutenant, et ex-scoring machine qui attint en soliste les sommets des classements individuels à Orlando avant de constater que cela ne le mènerait nulle part...

Cette première partie de saison laisse en tout cas rêveur: sans doute assistons-nous à trois phénomènes principaux:
- la fin de la génération des grands solistes des années 1990-2000. Désormais, Kobe Bryant, Tracy McGrady, Allen Iverson, jadis individualistes forcenés, et qui se sentiront bientôt vieillissants, nourrissent l'ambition de jouer en équipe et de permettre l'épanouissement de joueurs arrivés plus récemment dans la Ligue.
- l'ascension, freinée sans être radicalement contrariée, d'une nouvelle génération de joueurs "totaux", scoreurs, passeurs, rebondeurs: LeBron James, Dwyane Wade, Carmelo Anthony, Chris Paul, Deron Williams, Carlos Boozer, Dwight Howard.
- la domination de joueurs de fin de génération, qui font clairement le choix du collectif, et d'un jeu tactique posé se rapprochant d'une philosophie de jeu "européenne". Cette domination s'exprime clairement par la domination des Celtics (trio magique qui sait n'avoir que deux ans au maximum d'espérance de vie) et des Spurs de San Antonio, qui, dans ces choix-là, firent sans doute figure de visionnaires à la fin des années 1990, le jour même où ils comprirent qu'il leur suffisait, pour marquer l'histoire, de construire une équipe disciplinée et dotée de spécialistes autour de Monsieur Tim Duncan.
16:56 Publié dans Basket Ball | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Basket, NBA, Celtics, Ray Allen, Kevin Garnett, Paul Pierce, Dwight Howard
28.08.2007
Rookie Game 2006
Le week-end All Star Game de la mi-saison a commencé cette nuit sur les chapeaux de roue, par le match opposant les Rookies (joueurs effectuant leur première saison en NBA) aux Sophomores (joueurs de deuxième année). Une fois passée la génération monstrueuse des rookies d'il y a deux ans, celle qui donna à la NBA LeBron James, Carmelo Anthony et bien sûr Dwyane Wade, on pouvait se demander à quoi ressemblerait un match de gala entre les nouveaux loups de la NBA (Bogut, Chris Paul, l'irrésistible Nate Robinson, Charlie Villanueva...mais aussi celui qui régna sur l'Europe du basket pendant trois ans à Barcelone puis au Maccabi Tel Aviv: Sarunas Jasikevicius) et leurs "aînés": Andre Iguodala, l'un des lieutenants d'Allen Iverson à Philadelphie, le monstrueux Dwight Howard, qui mesure en largeur ce que je mesure en hauteur, mais aussi Ben Gordon, Nocioni et Luol Deng de Chicago, TJ Ford...
On ne fut pas déçu du spectacle... à l'arrivée: 106-96 pour les Sophomores, bizutage réussi donc. Précisons que contrairement au match des superstars et aux matches habituels de NBA, la partie s'est disputée en 40 minutes, ce qui indique un excellent débit d'arrosage-scoring. La victoire des joueurs de deuxième année se dessina tranquillement, à grands coups de dunks violemment "pétés" par Iguodala, de trois points subrepticement marqués par le même Iguodala et Ben Gordon, le joueur de money-time de Chicago, et de ballons paumés par des rookies pourtant pétris de talent (7 passes à l'homme invisible rien que pour l'excellent et très académique meneur Chris Paul, presque compensées, d'ailleurs, par 5 interceptions!).
Signalons les coups de coeur de la soirée, qui furent en fait la confirmation de ce que les journaux nous disaient depuis un petit moment:
- Nate Robinson, des Knicks, est une petite boule de muscles montée sur ressorts, qui passe son temps à tchatcher, aussi actif qu'un Linehan quand il le veut. Je le pose d'emblée comme successeur, dans 15 ans, de Charles Barkley dans le rôle de commentateur chambreur à la télé américaine. Irrésistible. 13 points pour lui dans ce match, avec quelques petites finitions démentielles près du panier.
-Chris Paul: son avènement consacre, on le souhaite, le retour en NBA d'un certain académisme, non pas au sens d'une sclérose du jeu et d'une stéréotypisation des options offensives, mais au sens bien plus enthousiasmant d'un art du "bien-jouer", d'un sens de la passe et du juste choix. Canal + nous a gratifié d'un long reportage à la mi-temps sur Paul, qui a révélé les qualités de bosseur du garçon, et nous a montré, avec beaucoup de finesse, l'anxiété du joueur dans les jours qui précédèrent la Draft. Paul est un admirateur de Parker, d'ailleurs, et du premier pas ahurissant du meneur français. Autant dire que les années à venir devraient être celle du règne des grands meneurs de jeu et de l'intelligence, comme l'ont montré d'ailleurs les progrès nets depuis quelques années de Chauncey Billups, qui finira peut-être MVP de la saison régulière, et qui est passé du statut de shooteur looser à celui de patron de l'équipe la plus structurée et la plus forte de la ligue à l'heure actuelle. Mon coup de coeur de la soirée fut donc Chris Paul...
- Andrew Bogut: j'ai bien regardé ce joueur, et en fait il en ressort quelque chose de clair: ce mec a copié sa dégaine sur Laurent Foirest. Aucune originalité. Par contre, il a pondu tranquillement son petit double-double de la soirée (14 points et 11 rebonds), montré quelques bons mouvements et une mentalité de gagneur qui devrait le porter très, très haut dans les années à venir.
-Charlie Villanueva: 18 points, 12 rebonds: le rookie de Toronto a confirmé tout le bien que l'on
pensait déjà de lui. Zéro poil, mais que de talent pour le jeune intérieur: une certaine adresse, de la combativité... à revoir.
- pour les sophomores, on a bien entendu apprécié l'adresse à trois points de Ben Gordon (17 points, à 7/11 dont 3/4 à trois points), la vitesse de Devin Harris de Dallas... et la performance physique et technique remarquable d'Andre Iguodala, qui semble profiter de ce all star week-end texan pour évacuer ses frustrations de club (il n'y est sans doute pas aussi dominateur que sa qualité pure pourrait pourtant le laisser espérer). En une phrase: Iguodala a fait 9/11 au dunk et 4/6 à trois-points. Il fut élu logiquement MVP (meilleur joueur à l'impact statistique de l'équipe victorieuse) de la rencontre, montra la puissance sauvage avec laquelle il est capable d'attaquer les cercles, mais aussi une adresse à trois points que l'on trouve pourtant assez rarement chez les dunkeurs fous.
Si l'on devait donc garder quelques enseignements de ce type de match, pourtant organisé par amour du spectacle (et de l'argent, ne soyons pas naïfs) par la NBA, on pourrait mentionner les habituelles qualités athlétiques des nouvelles générations de basketteurs, toujours mieux mises en avant par les télévisions, par un développement de la culture du dunk (exemple français de la Slam Nation, équipe itinérante de dunkeurs professionnels), mais aussi un retour des joueurs cérébraux, du beau jeu, de l'envie de faire jouer plus que de briller soi-même à tout prix. Le match des All-Stars est annoncé de longue date comme le show mondial de Kobe, qui voudra sans doute y briller comme jamais. Mais il faudra peut-être le plus grand de tous les solistes actuels, le "mamba", pour tenter de faire oublier, le temps d'une soirée, que la vraie puissance en NBA, aujourd'hui, est dans les mains des Pistons (4 joueurs de leur cinq majeur retenus pour le all star game!), et de meneurs formés à l'européenne, comme Parker ou son admirateur et frère spirituel dans le jeu Chris Paul...
(pour voir la tête des joueurs dont je viens de parler, je vous invite à vous reporter aux albums photos consacrés au basket sur le blog...)
18:44 Publié dans Basket Ball | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Basket Ball, NBA, All Star Game, Andre Iguodala, Chris Paul, Dwight Howard, Ben Gordon