28.08.2007

NBA Finals 2006: Dallas - Miami

Et voilà, la course aux NBA Finals est terminée. Nous avons assisté à des playoffs très ouverts, très spectaculaires, n'en déplaise à un ou deux bords... Bref, nous nous sommes régalés, et le plus beau, c'est que ce n'est pas fini. La saison se joue désormais entre deux équipes qui n'ont jamais disputé la moindre Finale NBA, Miami et Dallas.


Les premiers sont venus à bout de la meilleure équipe du championnat (statistiquement parlant, c'est-à-dire presque pour du beurre), les Detroit Pistons, qui avaient leur place réservée en finale depuis trois ans. Le Heat est parvenu à hausser son niveau de jeu au-dessus de celui des Wallace and Co., ce qui n'est pas peu dire. On n'en attendait pas moins de joueurs tels qu'Alonzo Mourning, Shaquille O'Neal (qui dispute les NBA Finals avec sa troisième équipe, après le Magic d'Orlando et les Lakers) et surtout le "Flash", non pas Gordon, mais Wade. Dwyane Wade est un joueur du genre de ceux, plutôt rares – on peut citer Kobe Bryant, LeBron James, Michael Jordan, pour les plus récents – à faire bondir le paisible téléspectateur du fauteuil où il se prélassait, voire à le faire réveiller toute la maisonnée par ses glapissements incontrôlés. Et je plaisante à peine. Miami a fait étalage de ses ressources face à Detroit, notamment lors du match 6, remporté malgré la « grippe » inopinée de Wade, auteur tout de même de 14 points et de 10 passes décisives. Shaquille O’Neal a mené le Heat à la victoire avec 28 points (12 sur 14 au shoot) et 16 rebonds, tandis que Jason Williams a été décisif (21 points à 10 sur 12 au shoot, 6 passes décisives) en suppléant le manque d’adresse du Flash. Allez, Bruno, je te l’accorde, j’ai été mauvaise langue ; mais qui pouvait prévoir que le Heat se trouverait enfin un jeu équilibré au moment des playoffs ? Sans doute ceux qui, doués d’une lucidité supérieure, comme Mr. B., savaient que des joueurs comme Shaq et Wade n’allaient certainement pas se laisser abattre pour si peu (quelques frasques de Payton, quelques erreurs lamentables de Walker…).

Toujours est-il que les Floridiens vont avoir fort à faire demain, sur le parquet des Dallas Mavericks, tombeurs des Spurs en demi-finale de conférence, ce qui n’est pas non plus peu dire. Les Mavericks, derrière le Teuton Dirk Nowitzki, le Ricain Jason Terry, Jerry Stackhouse et surtout le Coach de l’année, Avery Johnson, ont fait montre d’excellentes qualités défensives et offensives tout au long de ces playoffs. Dirk Nowitzki, après lequel les commentateurs américains ont pris la fâcheuse habitude de crier quelque chose comme « Dirkedirkedirkedirke ! », risque de poser quelques problèmes à la défense du Heat, comme à beaucoup d’autres d’ailleurs : c’est un des rares joueurs de plus de 2,10 mètres dotés à la fois des qualités physiques requises pour peser dans la raquette, d’un excellent shoot longue distance (il a remporté cette saison le concours de shoot à trois points) et d’une grande mobilité. Il est capable, même si O’Neal et Mourning verrouillent efficacement la raquette, d’inscrire tous ses points sur des shoots extérieurs.


Pour ma part, comme je l’ai déjà dit, j’aimerais voir Dwyane Wade brandir ce trophée qu’il mérite amplement ; mais d’un autre côté, si Dallas s’impose, je n’irai pas cracher dans la soupe. Ces playoffs auront été, à tous points de vue, absolument « épatants » (pour parler comme les rédacteurs du regretté Journal de Spirou). Rogntidjû !

George.

All Star Week-end 2006: Bilan

ALL-STAR GAME

 

Après le Rookie Game du vendredi soir se déroulait à Houston le 55ème All-Star Game de l'histoire de la NBA, match de gala qui voyait s'affronter les meilleurs joueurs de chaque conférence, élus par un vote du public pour les titulaires, désignés par l'ensemble des coachs pour les remplaçants. On pouvait croiser dans les travées du Toyota Center le gratin du star system, des rappeurs aux légendes NBA, en passant par les milliardaires californiens…Jay-Z (qui sa Beyonce où) balance un Big-Up à Nelly, qui s’excite sous les yeux du vénérable Bill Russel, assis avec son épouse au premier rang…Le trublion Marc Cuban, propiétaire des Mavs, s’improvise commentateur pour la télévision américaine, alors que l’éternelle casquette de George Eddy balance ses inénarrables calembours au côté de Bruno Poulain et de Boris Diaw, consultant de luxe pour l’occasion…TP et Duncan s’échauffent dans une ambiance de franche rigolade, Shaq et Kobe s’entendent comme larrons en foire, et même Avery Johnson, le ténébreux coach de l’Ouest, à le sourire aux lèvres. Après une (trop) longue introduction marquée par une entrée « à l’américaine » des deux effectifs sur le parquet, qui a vu l’hymne américain susurré puis hurlé par les Destiny’s Child, et la bannière étoilée monter lentement au plafond du Toyota Center, les belligérants sont enfin prêts à en découdre.

 
Suite à l’accolade entre Iverson et le nombril de Yao Ming, le show débute par une belle lutte entre les deux artificiers Tracy Mac Grady (Houston) et Lebron James (Cleveland), le local se montrant très en verve lors du premier quart temps. Comme lors de chaque all star game, le problème se résume à trouver le bon compromis entre attaque spectaculaire et cohérence dans le jeu. Et c’est l’Ouest qui, malgré un premier quart-temps équilibré (28-28), réalise le mieux cette difficile osmose et prend le dessus lors de la première mi-temps (70-53), notamment grâce à un très bon deuxième passage de Tony Parker qui inscrit ses 8 points en 1’25’’ avec deux « and-one » sur des lay-ups d’école, et à un T-Mac toujours survolté à longue distance, Yao Ming se montrant, comme à son habitude dans ce genre de match, particulièrement discret. Les deux premiers actes sont également marqués par de spectaculaires ratés, notamment un alley-oop d’AI dans les tribunes, un dunk monstrueux de Carter sur le cercle, qui renvoie la gonfle jusque dans la raquette adverse, une bouffonnerie de Shaq qui tente également un alley-oop pour « himself » sur un lancer-franc, et quelques air-ball bien sentis de Nowitzki et Bryant, ce dernier jouant la carte de l’altruisme, une fois n’est pas coutume, distribuant 8 caviars en 26 minutes de jeu.
 
Mené de 21 points en début de troisième quart-temps, Flip Saunders renvoie sur le parquet ses quatre protégés, et la rencontre auparavant largement dominée par l’Ouest change de physionomie, les Joueurs de Detroit infligeant une véritable correction (41-27) à Duncan et consorts, bien aidés par un Wade affolant d’efficacité (20 points, 9/11 au tir) et par un Lebron James de gala, toujours aussi aérien. Et la déferlante bleue se poursuit lors du dernier acte, remporté 28-23, malgré un Kobe Bryant en réussite dans la dernière minute, avec un dunk et un tir impossible rentré au nez et à la barbe de Dwyane Wade, ce dernier scellant le sort de la rencontre par un rebond offensif suivit d’un lay-up à quelques secondes de la fin, le 55ème All-Star Game se terminant, suite à un magnifique air-ball de T-Mac, par un nouvel alley-oop raté de Vince Carter sur une passe d’Iverson. L’Est remporte donc le match des étoiles pour la deuxième année consécutive (122-120), et se remet ainsi peu à peu de l’outrageante domination exercée par les Bryant, O’Neal, Garnett, Allen et consorts au début des années 2000, la courte victoire à Houston symbolisant également la montée en puissance des jeunes stars Lebron James et Dwyane Wade, qui ont éclipsé Allen Iverson (12 points), Vince Carter (4 points), Paul Pierce (7 points)et le grincheux Rasheed Wallace (2 points), réduits à la portion congrue. On notera également l’excellent match de Chauncey Billups, auteur de 15 points et 7 passes en 15 minutes de jeu, qui a participé plus qu’activement à la remontée fantastique des protégés de Flip Saunders lors du troisième acte, et la régularité du Shaq, qui a largement martyrisé le cercle pour s’offrir 17 points en 20 minutes. Côté Ouest, Mac Grady survole les débats en scorant 36 points à 15/26, malgré une adresse « O’Nealienne » aux lancers (2/7), alors que Duncan (15 points), Marion (14 points), Nowitzki (10 points) et Brand (12 points) tirent leurs épingles du jeu, Ray Allen se montrant particulièrement maladroit (0/7 à longue distance), n’inscrivant que 8 points, lui qui avait terminé meilleur scoreur de la précédente édition. Pour son premier All-Star Game, TP rend une feuille de stat’ honorable, avec 8 points et 4 passes en 20 minutes, malgré un léger passage à vide en deuxième mi-temps (3 pertes de balles consécutives).
 
Loin du score fleuve du match de 2003, le All-Star Game texan restera sans doute dans les annales pour les performances des jeunes loups James et Wade, et le sens du collectif des troupes de Detroit, les quatre pistons apportant en défense comme en attaque la preuve de leur redoutable efficacité, démontrant qu’ils méritent largement leur statut de favoris pour le titre cette année. (Si, si Bruno !) On espère bien y retrouver Boris Diaw dans quelques années, lorsqu’il aura définitivement conquis le cœur des fans et des spécialistes de la ligue la plus prestigieuse du monde !
 

Three-Point Shootout

 
En marge de l’incontournable All-Star Game se déroulait le non moins intéressant concours de shoot à trois points, qui voit s’affronter les plus fines gâchettes de la ligue, pour une épreuve qui demande, bien sûr, de la précision, mais également une vitesse d’exécution et un timing parfaits. Shooteur de série impressionnant, Ray Allen faisait office de favori, lui qui avait déjà glané le titre en 2001. Auteur d’une première série de haut niveau, avec 19 shoots rentrés (dont 9 d’affilés), largement suffisant pour le propulser en finale du concours, Allen retrouvait Arenas (14) et Nowitzki (14 également) pour la dernière manche, Billups (12), Richardson (12) et Terry (13) étant éliminés suite à leurs décevantes prestations. Seulement voilà, le prolifique arrière de Seattle se heurtait en finale au teuton de la ligue, Nowitzki enquillant les banderilles dans le plus pur style (parabolique) du shooteur longue distance, réalisant 18 points, alors que Allen perdait peu à peu sa confiance, terminant à la troisième position (15 points), derrière Arenas, deuxième avec 16 points. Après Stojakovic, vainqueur du concours à deux reprises, Nowitzki démontre de la plus belle des manière que les européens savent shooter…et de loin.
 

Slam Dunk Contest

 
Le concours de dunk du samedi soir s’annonçait chaud bouillant, avec la présence d’Andre Iguodala qui, après avoir récité ses gammes lors du Rookie Challenge, pouvait légitimement prétendre inscrire son nom au palmarès des meilleurs dunkeurs de la ligue. Pour lui barrer la route, le filiforme grizzli Hackim Warrick, la puce de New York Nate Robinson (1m75), et l’aérien tenant du titre, Josh Smith. Le concours tournait bien vite à un duel Robinson - Iguodala, le meneur New Yorkais étant largement soutenu par le public du Toyota Center, sa petite taille transformant ses dunks relativement banals en exploits venus d’ailleurs. Les plus belles réalisations du contest furent sans aucun doute ce dunk somptueux d’un Iguodala frisant la commotion cérébrale sur une passe d’Iverson, le tout en prenant appuis derrière la planche, et l’envolée magique de Nate Robinson par dessus Spud Webb, conclue par un dunk fracassant, qui mit définitivement le public dans la poche du lutin. En finale, Iguodala fut devancé de peu par Robinson qui, au bout de quatorze tentatives (!), réussit un magnifique rider (balle entre les jambes) pour s’adjuger le titre de meilleur dunkeur de la NBA.
 
Skills Challenge
 
Arrivé récemment au programme du All-Star week-end, le « skills challenge » met en scène les meneurs de jeu les plus véloces et les plus adroits de la ligue, pour un concours qui consiste en un parcours avec slalom, épreuve d’adresse à la passe et au shoot, lay-up et dunk. Et à ce petit jeu là, c’est Dwyane Wade qui l’a emporté largement (26 secondes), devançant Lebron James (33 secondes), Chris Paul (41 secondes), et le tenant du titre Steve Nash (57 secondes), ce dernier ayant raté toutes ses tentatives de shoot à mi-distance.
 
Shooting Stars
 
Composées de trois joueurs, une star actuelle de la NBA, une légende de la ligue et une joueuse WNBA, les équipes s’affrontent dans un concours d’adresse, où les shooteurs se succèdent pour parvenir en un minimum de temps à marquer des shoots à mi-distance, des shoots à trois points et un shoot du milieu du terrain. L’équipe de San Antonio, qui comprenait Parker, Kerr et Wecker à tué le suspense d’entrée, TP marquant en effet du premier coup le shoot du milieu du terrain, bouclant une prestation sans fautes réalisée en 25 secondes. Une anecdotique - mais néanmoins réussie - entrée en matière pour Tony Parker, nullement diminué par son « mémorable » concert de Rap de la veille, où l’on a notamment pu voir Ronny Turiaf et sa capuche s’agiter frénétiquement au fond de la scène…On ignore si, contrairement à la fin de saison des Spurs, le nouvel (et premier) opus de TP passionnera les foules…
 
Buddy Holy, Houston, Tx.